On trouve les premières
traces d'un ensemble vocal à voix d'enfants sous le règne
du Prince Antoine Ier (1701-1731). Cette phalange,
dont la mission était d'assurer les liturgies de la Chapelle
Palatine, peut être considérée comme l'ancêtre
de la future "Maîtrise de Monaco".
C'est en 1885 qu'est
livré au culte, sur le Rocher, l'édifice que l'on peut
voir aujourd'hui. Dès ce moment, les Princes de Monaco et le
Gouvernement Princier se préoccupent de donner vie à
la belle pierre de la Turbie de sa construction, en créant
un ensemble choral dont la direction est confiée au Maître
Bellini.
En 1904, l'évêque
de Monaco fait appel à un musicien dont la réputation
devait très vite se répandre dans l'Europe entière
: Mgr Perruchot, jusqu'alors Maître de Chapelle de l'Eglise
Saint-François-Xavier à Paris. C'est à lui qu'il
appartiendra de baptiser définitivement cette formation chorale
"Maîtrise de la Cathédrale de Monaco". Très
vite, elle deviendra célèbre et le nom de Mgr Perruchot
ne peut être séparé de ces artistes de qualité
qui oeuvrèrent durant la première moitié du XXème
siècle en vue de la résurrection de la musique sacrée
des Maîtres des époques précédentes. Le
Chanoine Aurat continuera la tâche de Mgr Perruchot jusqu'en
mai 1945 et, par un effort opiniâtre, parviendra à maintenir
la Maîtrise bien vivante pendant les sinistres années
de la seconde guerre mondiale.
1946 : la Maîtrise,
endeuillée par la mort brutale de son chef le Chanoine Aurat,
est confiée au Maître de Chapelle de la Cathédrale
de Montepellier : l'abbé Henri Carol, merveilleux organiste
et érudit de la musique qui, durant plus d'un quart de siècle,
animera les destinées du choeur monégasque.
En 1973, le Chanoine
Carol est nommé titulaire du très beau grand orgue qui
vient d'être installé dans la Cathédrale. Le Gouvernement
Princier fait appel à Philippe Debat, alors installé
à Paris, et lui confie la charge de perpétuer l'effort
de ses prédécesseurs. Sous la direction de ce nouveau
Maître de Chapelle, s'affirme une deuxième vocation de
la Maîtrise dans une mission de rayonnement musical de la Principauté
en tous pays. Celle-ci sera spécifiquement confiée aux
voix d'enfants seules et ce choeur juvénile, membre à
part entière de la Maîtrise de la Cathédrale de
Monaco, sera baptisé en 1974 par S.A.S. le Prince Rainier III
: "Les Petits Chanteurs de Monaco".
Aux voix de sopranos,
mezzo sopranos, altos et contraltos, sera confié le rôle,
à l'occasion de trois tournées annuelles de concerts,
de transmettre un peu partout la bonne nouvelle de l'Art Sacré
et de contribuer ainsi au rayonnement spirituel et artistique de la
Principauté de Monaco. S.A.S. le Prince Souverain veillera
d'une façon de plus en plus intense sur les destinées
de cette jeune phalange qu'il se plaît à appeler souvent
"ses petits ambassadeurs chantant". Il offre d'ailleurs
à chacun d'eux l'écusson à ses armes que les
Petits Chanteurs portent sur leur coeur tout au long de leurs nombreux
concerts, et nomme Philippe Debat Maître de Chapelle du Palais
Princier en 1994 à l'occasion du 20ème
annivesaire de la création du choeur d'enfants monégasque.
A la suite du décès
de Philippe Debat en 1999, son fils et assistant Pierre Debat est
nommé par le Gouvernement Princier à la tête de
la Maîtrise de la Cathédrale et des Petits Chanteurs
de Monaco.
Pour accéder
au choeur, les enfants, recrutés dès l'âge de
8 ans, doivent subir avec succès un examen de leurs qualités
vocales, auditives et musicales. A l'issue de cet examen d'entrée,
leurs parents doivent s'engager à ce qu'ils soient le plus
totalement assidus aux répétitions musicales et aux
tournées de concerts s'échelonnant tout au long de l'année
scolaire, ainsi qu'au service musical de la Cathédrale de Monaco.
Pour atteindre un temps
de travail suffisant, ils sont conduits dès les vacances de
Toussaint dans l'arrière pays niçois en vue d'un premier
séminaire de travail choral, toujours suivi d'un séjour
de même nature au cours des vacances d'hiver, à l'issue
duquel ils donnent leurs premiers concerts. Vient ensuite la Tournée
de Printemps en Europe suivie, dès les premiers jours de juillet,
par la Tournée d'Eté, généralement d'une
durée d'un mois.
Jusqu'à ce jour,
les Petits Chanteurs de Monaco ont visité une trentaine de
pays : Afrique du Sud, Allemagne, Autriche, Argentine, Belgique, Canada,
Corée, Danemark, Egypte, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France,
Grande-Bretagne, Grèce, Hollande, Hongrie, Italie, Japon, Liechtenstein,
Luxembourg, Mexique, Pays Baltes, Pologne, Russie, Suède, Suisse,
Taïwan, Tchécoslovaquie... La formation chorale maintient
ainsi une moyenne de trente à quarante concerts par an.
Depuis 1991, le choeur
donne tous ses concerts avec l'Ensemble Vocal Cantabile, composé
d'une dizaine de jeunes voix d'hommes anciens Petits Chanteurs et,
comme les enfants, membres de la Maîtrise de la Cathédrale
de Monaco.
Les Petits Chanteurs
sont aussi associés à certaines représentations
à l'Opéra de Monte-Carlo : "La Bohème"
de Puccini, "Le Chevalier à la Rose" de Strauss,
"Orphée et Euridice" de Glück, "Pelléas
et Mélisande" de Debussy, "Carmen" de Bizet...
et participent en 1989 au premier enregistrement mondial en français
de l'opéra "Oedipe" de Georges Enesco avec l'Orchestre
Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par L. Foster, aux côtés
de J. Van Dam, G. Bacquier, N. Gedda, B. Hendricks, B. Fassbaender
pour EMI (Grand Prix du Disque).
En décembre
1994, ils se produisent en Principauté aux côtés
de R. Raimondi, K. Ricciarelli, L. Nucci, L. Valentini-Terrani à
l'occasion d'un concert donné au bénéfice de
l'AMAPEI. Au mois de Décembre 1997, et dans le cadre de la
clôture des célébrations du 700ème
anniversaire de la Dynastie des Grimaldi, ils participent au "Concert
de Noël" du Vatican, retransmis en mondiovision, aux côtés
de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, ainsi que de nombreux
artistes internationaux. En 1998, ils se rendent pour la première
fois de leur carrière en Afrique du Sud à l'occasion
de leur tournée annuelle d'été, et donnent un
concert au Maroc dans le cadre du "Festival des Musiques Sacrées
du Monde" à Fès, avec l'Orchestre Philharmonique
du Maroc.
Grâce au généreux
soutien financier apporté par le Gouvernement Princier, les
Petits Chanteurs de Monaco donnent en Principauté, mais aussi
en tous pays lors de leurs tournées de concerts, un grand nombre
de concerts caritatifs à l'initiative d'Associations Humanitaires.
Les recettes sont destinées à des enfants particulièrement
nécessiteux : hopitaux ou orphelinats des Pays d'Europe Centrale
et de l'Est, "Enfants de la Rue" du Brésil ou du
Mexique, construction de dispensaires ou écoles en Afrique...
Les tournées
sont généralement organisées par des Bureaux
de Concerts, et cette activité à l'étranger est
placée sous le Haut Patronage de S.A.S. le Prince de Monaco
et subventionnée par le Gouvernement Princier. Il s'agit donc
d'une activité tout à fait officielle, prise en mains
par l'Etat monégasque.
Les programmes doivent
être aussi variés que possible et tendre à faire
connaître, de préférence, des oeuvres parfois
oubliées. La recherche d'un répertoire "à
voix égales" permet d'interpréter des oeuvres spécifiquement
écrites pour des voix d'enfants ou d'hommes : Couperin, Charpentier,
Campra, Bernier, Carissimi, Scarlatti, Mendelssohn, Bruchner, Schubert,
Brahms, Verdi et ses "pièces sacrées", Caplet,
Ropartz, Fauré, Duruflé, Britten, Poulenc, Pierné,
Saint-Saens, de nombreuses pièces en chant grégorien
ainsi que certaines opérettes françaises en costumes.
La direction musicale et l'accompagnement au piano sont assurés
par Pierre Debat.