DIOCLETIEN (284-305) ET L'ERE DES MARTYRS
Au cours des trois premiers siècles après Jésus-Christ, le Christianisme était considéré, dans l’Empire romain, comme « religio illicita ». Le délit de christianisme était passible de mort.
Cependant, la paix religieuse régnait depuis 40 ans lorsque Dioclétien devint empereur en 285. Rien ne laissait présager un éventuel changement : sa femme et sa fille se préparaient, dit-on, au baptême et nombre de ses officiers étaient chrétiens.
En 293, pour permettre à l'empire de retrouver son intégrité et sa puissance, Dioclétien réorganisa la fonction impériale, mettant en place la tétrarchie, c'est-à-dire quatre empereurs "Auguste", aidés chacun d'un "César" ; en Orient : Dioclétien et Galère ; en Occident : Maximien et Constance Chlore dont naîtra Constantin, auteur de l'Édit de Milan (313) qui donnera la liberté aux Chrétiens. C'est ainsi qu'ayant élaboré une théologie sacralisant le pouvoir impérial, Dioclétien, en appelant aux dieux de Rome et établissant un État totalitaire et policier, se proclama descendant de Jupiter et Maximien, césar de celui-ci et se réclama d'Hercule. L'"adoration" faisait désormais partie du cérémonial de la cour.
Face à une telle filiation divine devant manifester le caractère sacré de l'empereur devant qui on se prosterne, on comprend le danger politique représenté par le christianisme, incompatible avec la théologie d'une "vieille religion qui ne devrait pas être critiquée par une nouvelle" (Édit de 297).
| Dioclétien, régna donc avec Maximien qui fut associé à l'empire dès 286 et reçut l'Occident. Intrigant et conspirateur, ce farouche exécuteur de la persécution contre les chrétiens se suicida à Marseille en 310. |
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Dioclétien, dont l'objectif était de mater les insurrections en Gaule et d'éviter l'invasion des Barbares, choisit de s’adjoindre un héritier, son gendre, Galère, qui reçut, lui aussi, le titre de César et devint, en 305, Auguste pour l'Orient et l'Italie.
Celui-ci, pour favoriser l’unité de l’armée, décida en 306 d’en expulser les officiers chrétiens suspectés de compromettre la stabilité du pouvoir et suggéra à l’empereur de prendre des mesures similaires.
Après avoir longtemps hésité, Dioclétien, dont la recherche d’uniformisation visait également la religion, publia le 24 février 303 un édit interdisant la présence du Christianisme tenu pour une superstition exécrable : « Les églises seront rasées et les livres saints brûlés ; les Chrétiens seront privés de tous les honneurs et de toutes les dignités ; les gens du peuple seront privés de leurs libertés et les affranchis retourneront à l’esclavage. »
Connaissant sans doute l’effet missionnaire du martyre des Chrétiens accusés de toutes sortes d'infamies, Dioclétien put imaginer que ses prescriptions administratives favoriseraient l’essor de ceux dont il ne songeait pas à faire verser le sang.
Un Chrétien, Euethios, déchira publiquement l’édit. Un jeune greffier arlésien, le catéchumène Genesius, refusa de transcrire un édit de Dioclétien ordonnant la persécution des disciples du Christ. Il fut condamné à mort et décapité en 303. Son culte se propagea en Provence et une église Saint-Géniez fut élevée en sa mémoire à Marseille. Alors se déchaîna la dixième et dernière grande persécution des empereurs romains qui dura de 303 à 305 en Occident et se prolongea jusqu’en 312 en Orient.
Un premier décret de Dioclétien ordonna de faire prisonniers les Responsables d’Eglises - les membres du clergé étant envoyés au supplice - un deuxième de les torturer s’ils refusaient de sacrifier aux dieux, un troisième de traiter de la même manière tous les Chrétiens.
Ces édits furent appliqués de manière très variable selon les lieux, les autorités, les circonstances.
Nombre d’évêques abjurèrent ou prirent la fuite. Les communautés furent dispersées et peu de chrétiens connurent la mort. Galère (le bien nommé), profitant d’une maladie de Dioclétien, publia au printemps 304 un quatrième édit intimant l’ordre de sacrifier aux dieux sous peine de mort. C’est à partir de ce moment que les martyrs furent très nombreux et ils nous sont connus par des Passions ou des martyrologes. L'Égypte a été certainement la région la plus touchée par la terrible persécution de Dioclétien.
Dioclétien abdiqua en même temps que Maximien le 1er mai 305. Il fut remplacé par Galère (293-311) qui intensifia la persécution jusqu’à son édit de tolérance du 30 avril 311, promulgué pour s’attirer, dans sa maladie, la grâce du Dieu des Chrétiens.
« VOUS SEREZ TRADUITS DEVANT LES GOUVERNEURS » (Mt 10, 18)
L'empereur Dioclétien aurait eu pour cousin saint Gabin (mort en prison vers 296, le 19 février), sénateur romain (ou prêtre), peut-être frère du Pape saint Caïus (mort en 296, le 22 avril) et Père de sainte Suzanne décapitée vers 310 pour avoir refusé d'épouser Maximien, l'héritier impérial (11 août).
Parmi les victimes chrétiennes les plus connues de cette ultime entreprise systématique et sanglante de l’Autorité romaine, au cours de laquelle sainte Dévote aurait été sacrifiée, notons en particulier, et ceci malgré le manque d'historicité donnée aux événements :
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- Saint Sébastien (Narbonnais, officier favori de Dioclétien) (20 janvier),
- Sainte Agnès (21 janvier),
- Saint Vincent (22 janvier),
- Saint Gabin (19 février),
- Saint Florian (4 mai),
- Saints Nérée et Achille (12 mai),
- Marcellin et Pierre (2 juin),
- Saint Procope (8 juillet),
- Saint Victor (21 juillet),
- Sainte Béatrice (29 juillet),
- Saint Roman (9 août),
- Saint Julien (28 août),
- Saint Ferréol (18 septembre),
- Saint Janvier (19 septembre),
- Sainte Foy et ses compagnons (6 octobre),
- Saintes Eulalie et Julie (10 décembre),
- Sainte Lucie (13 décembre),
- Les 48 martyrs d'Abitène (Tunisie),
- Les 18 martyrs de Saragosse,
et, parmi bien d’autres :
- Saint Maurice (22 septembre)... |
Dans son témoignage, l’évêque de Lyon, Saint Eucher, au 5ème siècle, nous a transmis la profession de foi très circonstanciée de Saint Maurice. Si l'historicité en est suspecte, les arguments ici développés furent habituellement utilisés dans les refus de nombreux soldats chrétiens :
« Empereur, nous sommes tes soldats, mais nous sommes avant tout serviteurs de Dieu. Nous te devons l’obéissance militaire, nous lui devons l’innocence. Nous recevons de toi la paie de notre labeur, de lui nous avons reçu la vie. Nous ne pouvons avec toi renier Dieu notre Créateur, notre Seigneur et ton Créateur aussi, que tu le veuilles ou non. Si nous ne sommes pas contraints à l’offenser par de tels crimes, nous t’obéirons encore, comme nous l’avons toujours fait ; sinon, nous lui obéirons plutôt qu’à toi. Nous t’offrons, pour les employer contre n’importe quel ennemi, nos mains que nous croyons criminel de rougir d’un sang innocent. Ces mains savent combattre les ennemis et les impies ; elles ne sauraient frapper des hommes pieux et concitoyens. Car nous avons pris les armes pour nos concitoyens, non contre eux.
Nous avons toujours combattu pour la justice, pour le respect et la vie des innocents : ce fut là pour nous la récompense de nos dangers. Nous avons combattu dans la fidélité. Mais cette fidélité, comment la conserver pour toi, si nous la refusons à notre Dieu ? Nous avons d’abord prêté serment à Dieu, puis nous avons prêté serment à l’empereur. Sache bien que notre second serment est illusoire, si nous violons le premier. Tu nous ordonnes de mettre au supplice des chrétiens. Tu n’as pas besoin d’en chercher plus loin : nous voici !
Nous voici les armes à la main, et nous ne résistons pas. Car nous aimons mieux mourir que tuer, périr innocents que vivre coupables. »
Très tôt, pour les disciples du Christ, les souffrances et la mort, que les martyrs ont supportées dans leurs combats, sont la manifestation de la puissance de la résurrection du Christ.
L’ayant suivi dans son anéantissement, ses fidèles partagent son exaltation auprès du Père.
Pour Jésus, comme pour ceux qui sont persécutés à cause de lui, la mort est synonyme de victoire. |
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Jusque vers la fin du 4ème siècle, les martyrs, dont la dignité est considérée comme un reflet de la gloire de Dieu, furent les seuls saints à être admis aux honneurs du culte.
« Le mot "martyre" connaît aujourd’hui une extension de sens et on l’emploie pour désigner tous ceux qui meurent en défendant une grande cause, ou qui meurent en victimes innocentes, de la méchanceté des hommes. Les chrétiens qui ont été martyrisés tout au long de l’histoire ne sont pas morts pour défendre leur religion, pas même pour affirmer l’existence de Dieu, ni l’existence d’un ciel après la mort. Ils sont morts pour ne pas renier Celui auquel ils avaient donné leur foi, Celui auquel ils s’étaient voués, Celui avec lequel ils affirmaient être en relations actuelles et qu’ils confessaient comme Seigneur et Sauveur, le Christ ressuscité, l’Emmanuel, le Dieu présent en eux.
Là est l’originalité du martyr chrétien qui ne meurt pas pour une cause si noble soit-elle, mais par fidélité à Dieu dont il se sait aimé. Et le martyr chrétien témoigne du Dieu présent en notre monde pour diviniser les hommes. Il témoigne de l’Amour de Dieu et de la grandeur de l’homme. » (Cardinal Robert Coffy, Archevêque de Marseille, fête patronale 1993).
DEVOTE (283-304) : « AVEC SAGESSE, ELLE OUVRE LA BOUCHE » (Pr 31, 26)
Chassés de Rome par Septime Sévère et Caracalla, au début du 3ème siècle, des Chrétiens arrivèrent en Corse où, au 1er siècle avant Jésus-Christ, les Romains avaient fondé la ville de Mariana, à l’embouchure du Golo, près de l’étang de Biguglia.
Effectivement, en 93 avant Jésus-Christ, Marius avait établi, en lui donnant son nom, une colonie composée de vétérans de ses campagnes contre les pirates. C’est Auguste (27 avant J.-C. - 14 après J.-C.) qui y créa un port, Mariana, devenant alors un point d’accès important pour l’expansion romaine dans le nord de l’île.
A côté de la cathédrale romane, nommée la Canonica, ont été mis à jour une basilique paléochrétienne du 4ème siècle et un baptistère, de la même époque, témoignant des débuts du Christianisme en Corse et confirmant l’importance que revêtait la célébration baptismale dans l’Eglise primitive.
Un baptistère du V° siècle, prouvant l'ancienneté d'un évêché à Ajaccio, a été découvert en 2005 dans le quartier Saint-Jean.
Typique de celle retrouvée en Tunisie et en Algérie qui formaient, dans l'Antiquité, la province africaine de l'Empire romain, son architecture confirme l'hypothèse d'une christianisation de la Corse par des évêques venus de l'Afrique du Nord.
Alors que dans les provinces gauloises on avait généralement continué d'utiliser des cuves circulaires, l'escalier descendant vers le fond du bassin atteste du rite par immersion complète.
Dévote aurait vu le jour en 283, au lieu dit Quercio, sur les premières pentes qui menaient du port romain de Mariana aux hauteurs de Borgo, dans l’actuelle commune de Lucciana (Haute-Corse).
Euticus, incroyant chez qui Dévote trouva refuge, préféra mourir plutôt que de livrer la jeune fille au nouveau gouverneur nommé (comme par hasard) Barbarus. Victime de la délation et arrêtée, Dévote maintint sa profession de foi jusqu’au bout. Sa tête fut écrasée à coup de pierres, vers 304.  |
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Ses frères chrétiens éloignèrent son corps du bûcher et, pour éviter toute profanation, le placèrent dans une barque probablement destinée à rejoindre les côtes d’Afrique du Nord, où vivaient alors plusieurs communautés chrétiennes.
Conduit par le pilote Gratien et le prêtre Benenatus, guidé par une colombe, le bateau arriva à Monaco, au vallon des Gaumates, où une légende s’est plue à placer une chapelle dédiée à Saint Georges, lui aussi persécuté par Dioclétien. Le corps de Dévote fut enseveli au pied du Rocher, sur la rive gauche du torrent. Plus tard, sur sa tombe, fut érigée une chapelle.
Lors de l’invasion des Sarrasins, les restes de la martyre furent cachés au couvent de Cimiez puis ramenés à Monaco et gardés dans la chapelle restaurée par Antoine Ier.
C’est là qu’en 1070 un capitaine de navire florentin, Antinope, aurait volé la châsse contenant les ossements de Dévote, dans l’intention d’en négocier les bienfaits. L’histoire raconte qu’un vent violent l’empêcha de mettre les voiles… Arrêté, il fut conduit au Palais où Hugues de Grimaldi le condamna à avoir les oreilles et le nez coupés.
La tradition de la barque enflammée, chaque année, à l’occasion de la fête patronale, pourrait avoir comme origine, selon certains, la fureur des Monégasques souhaitant, par le feu, effacer toutes traces de ce forfait.
PATRONNE DE LA CORSE
Le martyre de Dévote a constitué un repère identitaire chrétien davantage à Monaco qu'en Corse puisqu'il faut attendre le 17ème siècle pour que le culte de la Sainte prenne de l’importance sur l'île où furent envoyées de la Principauté des reliques de la martyre, l'une, en 1637, exposée en l'église Saint-Ignace des Jésuites, et une autre en 1728.
Entre 1727 et 1751, trois démarches furent entreprises vainement auprès de Rome, pour obtenir que sainte Dévote soit déclarée patronne du Royaume de Corse. En 1731, Dévote fut déjà choisie comme protectrice de la Corse.
En 1820, le premier évêque de l’Eglise de Corse regroupa les 6 anciens diocèses de l’île, proclamant désormais Sainte Dévote patronne principale de la Corse, à l’égal de sainte Julie de Nonza, suite au décret de la Congrégation des Rites du 14 mars.
En 1893, pour la première fois, est dédiée à sainte Dévote une église, celle rebâtie à Pietranera. Elle demeurera jusqu’en 1936 le seul lieu de culte corse placé sous la protection de la jeune martyre.
Aujourd’hui, si la fête de sainte Dévote reste bien fixée au 27 janvier, la solennité est reportée au dimanche suivant, tandis que le lundi de Pentecôte une célébration regroupe de nombreuses confréries de Pénitents qui participent à la procession depuis la cathédrale de Canonica.
Les textes officiels de la messe furent approuvés le 18 mars 1984 par l'Évêque d'Ajaccio et par la Congrégation pour le culte divin le 11 août de la même année.
(sagesse III 1-9, Psaume 123, 1ère lettre de saint Jean 5, 1-5, Évangile de Jean 15, 18-21).
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LES CORPS DES SAINTS ONT ETE ENSEVELIS DANS LA PAIX (Si 44, 14)
C’est sans doute la dévotion séculaire envers la jeune martyre qui « explique le style des récits relatant sa jeunesse, son dialogue avec l’incroyant ou le persécuteur et le rayonnement de son corps illuminé, selon une autre tradition biblique, par la colombe, symbole de l’Esprit de Dieu, qui conduit la barque du peuple chrétien jusqu’au Rocher de la Foi. » (Mgr Jean-Charles Thomas, évêque d’Ajaccio, fête patronale 1979)
Dans la littérature hagiographique, de nombreux récits ayant trait aux premiers siècles, comportent moins de vérité historique que d’éléments imaginaires ou enjolivés. Il est difficile de repérer des faits authentiques dans leur présentation romanesque. Les éléments édifiants, apologétiques, polémiques y prennent souvent le pas sur l’élément historique.
C’est ainsi que l’on retrouve beaucoup de thèmes communs tels, par exemple, l’arrivée par mer des reliques de saint Tropez ou de sainte Réparate. 
Quel sens peut revêtir la préoccupation, le souci de recueillir et de conserver le corps supplicié d'une personne martyrisée pour sa foi ?
Plus qu'aucune autre religion, le Christianisme, en dépit de certains malentendus liés à la morale et à la discipline, considère positivement le corps. Pour se faire proche de l'homme et conclure avec lui une alliance, Dieu lui-même s'est incarné en Jésus qui a donné, en nourriture, sa chair et son sang, avant de livrer à la mort son corps appelé à la résurrection glorieuse. |
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Cette exaltation, promise à ceux qui, déjà, sont victorieux avec le Christ, établit avec Dieu une proximité dynamique qui dépasse le seul face à face et crée une communion également spirituelle et corporelle.
Consacré par le baptême, le corps du chrétien est le lieu où souffle le Créateur et l'expression préalable d'une union avec Lui et avec les autres : le Seigneur, qui l'habite, fait de ce sanctuaire le temple de son Esprit. N'a-t-il pas été reconnu vivant, au matin de Pâques, non par une manifestation de sa puissance mais par les marques corporelles de sa passion ? La vie du Ressuscité peut aussi être confirmée dans l'épreuve et jaillir de nos blessures.
Les membres de l'Eglise devenus, par le mystère pascal, Corps du Christ, considèrent la corporalité comme une dimension essentielle de la personne. Avec le regard renouvelé de la foi, ils voient dans le corps :
- une expression, non seulement de soi, mais de la Parole que Dieu adresse à l'homme en le saisissant
tout entier,
- une construction poursuivie dans le temps et l'espace que n'anéantissent ni le vieillissement, ni la mort,
- un signe révélant la gratuité de l'amour de Dieu qui transcende l'avoir et l'action, le pouvoir
et l'efficacité,
- un rappel de la vocation reçu par tout être humain de transmettre la vie, elle-même accueillie comme un
don du Créateur,
- une identité qui s'élabore, par le dialogue, dans un champ relationnel où s'articule une existence
communautaire,
- un mouvement sanctifiant l'homme promis à la transfiguration de sa destinée dans la lumière des noces
éternelles.
Malgré les dérives du culte des morts, cette piété populaire de "donner au défunt l'honneur qui lui est dû" (Si 38, 16) exprime sans doute le meilleur de l'homme et, pour les chrétiens, elle souligne la présence du Christ au cœur même d'une vie donnée pour lui.
La vénération des reliques se situe à partir de la conviction que les saints chrétiens, ayant participé à la résurrection du Christ, ne peuvent pas être considérés simplement comme des "morts".
(Cf. Benoît XVI, audience du 6 mai 2009) |
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UN BEAU ROMAN ?
Il est incontestable, qu'en Principauté, Dévote a joué un rôle attractif comme figure fédératrice et paradoxalement fondatrice d'une communauté de croyants dépourvue de racines religieuses historiques - sinon traditionnelles.
Sur les circonstances de l’arrivée du corps de Dévote à Monaco, comme sur sa courte vie en Corse, rien ne nous est parvenu qui ne remonte avant le 12ème siècle environ (époque où fut rédigé sur parchemin un manuscrit latin conservé par la Bibliothèque nationale de Paris), soit approximativement un millénaire après les événements (cf. Annales monégasques 1977 : Les sources de la « Passio Devotae ». Un manuscrit inédit).
Cette "passio" de sainte Dévote, publiée en 1613 dans la chronologie Lerinensis, est aussi « comme celle d'Agnès, d'Agathe, de Lucie, de Cécile et d'Anastasie une histoire charmante et pathétique, imprégnée de suave poésie. C'est le fanatisme qui s'acharne contre la foi, l'honneur et la liberté ; c'est la brutalité qui sévit sur la chasteté, la beauté, la jeunesse, la fragilité, n'en respectant même pas la dépouille ; et c'est la piété, la tendresse des fidèles qui mettent en sûreté les précieuses reliques, devenues objet d'amour et d'inspiration, et qui transmettent la mémoire du douloureux et admirable événement. » (Cardinal Baggio, fête patronale 1980)
La vie de Sainte Dévote ne serait-elle qu’une belle légende ? Certains comme Labande, l’ont pensé.
Cependant, tel M. de Trenqualon, cherchant en 1902, les traces du culte corse de sainte Dévote, nombreux furent les écrivains et historiens à s’être penchés sur cette tradition transmise depuis le moyen âge par des récits tardifs : ceux-ci sont mentionnés dans le livre précieux concernant les Recherches sur les traditions, les coutumes monégasques et étrangères ainsi que sur leurs origines, de Lucien de Castro, paru à Grenoble en 1944, et dans l'ouvrage sur Fête populaire et tradition religieuse en pays niçois, de Paul Canestrier, édité chez Serre en 1985.
En situant Dévote face à l'histoire, nous nous trouvons face à ce que l'on croit, face à ce que l'on sait, face à ce que l'on croit savoir. Que dira-t-on, dans l'avenir, sur ce que les chrétiens du vingtième siècle savaient de la persécution, à leur époque, de leurs frères baptisés ?
Certes, pourra-t-on dire, on parlait d'"Église du silence", mais ce silence était davantage du côté de ceux qui nièrent officiellement ou oublièrent le sort réservé aux baptisés de toutes confessions vivant notamment en régime communiste. Est-ce la raison pour laquelle nous disposons encore de très peu de documents concernant cette période qui reste la plus sombre de toute l'histoire de l'Église du Christ ?
Aujourd'hui, le septicisme s'impose en toute circonstance.
Tandis que le Père Guesnay étudiant le Martyrologe Gallican, prétend que sainte Dévote serait née à Nice où elle fut élevée et d'où elle partit en Corse pour fuire la persécution, et que Jérôme Carcopino fait remonter le martyre de la Sainte au 3ème siècle, certains historiens pensent que sainte Dévote n'est autre que Julie de Carthage, morte en Afrique du Nord, dont l'histoire est racontée selon une typologie identique et que la Corse vénère à Nonza ainsi qu'à Livourne et Brescia qui accueillirent ses reliques au 8ème siècle.
S'agit-il de la même jeune fille ? Y-a-il dédoublement de personne, comme le pensait Lanzoni se basant sur la dénomination qui serait "Julia virgo Dei vota" ?
S'il est vrai que l'on peut s'interroger sur la présence de chrétiens à Monaco en 304, il faut noter que la première mention de ceux-ci à Nice (en ce temps là était-ce si loin ?) ne date que de 10 années plus tard.
Pourtant, la fête de sainte Dévote n'apparaît-elle pas dans les calendriers locaux qu'en 1130 ?
Bréa, 9 siècles plus tard, n'a-t-il pas représenté sainte Julie dans l'un des panneaux du retable de saint Nicolas (Cathédrale de Monaco) alors que l'on ne trouve aucune trace d'un quelconque culte adressé à cette sainte par les catholiques de Monaco ?
Les premières processions en l'honneur de Dévote ne datent-elles pas de 1536, au moment où la Principauté se trouve confrontée à des problèmes de territorialité avec la Turbie ?
Dévote ne deviendra-t-elle pas la patronne de la Maison Souveraine qu'au 17ème siècle ?
En résumé, sainte Julie de Carthage n'aurait-elle pas devancé, dans la reconnaissance officielle des documents, celle que l'on vénérera plus tard sous le vocable de son surnom : "Dei Vota" ?
Mais de quelle Julie s'agit-il ? N'oublions pas que le martyrologe romain mentionne huit Saintes portant ce nom.
Si, pour ce qui est de notre sujet, les renseignements sur son origine tunisienne, sa situation d'esclave à Carthage, sa mort sur une croix et sa vénération par les Corses concordent dans les diverses versions, celles-ci divergent surtout quant aux dates. Certains chroniqueurs voient en Julie une martyre contemporaine de sainte Dévote en Corse ou en Afrique, d'autres une servante qui, après avoir débarqué à Nonza, fut victime, vers 439, du gouverneur Félix la condamnant à mourir en croix, d'autres enfin une jeune femme crucifiée à Carthage encerclée par les Perses en 616.
Si tel était le cas, 2 ou 3 siècles nous sépareraient du temps de la cruelle répression de Dioclétien...
On le voit, évoquer quelque similitude entre Dévote et Julie ne résoud rien tant cette dernière pose autant de questions aux hagiographes que la patronne de Monaco.
Comme en exégèse biblique, le concordisme est souvent catastrophique.
Jusqu'à preuve du contraire, il faut croire les légendes car elles ont souvent prouvé leurs mérites.
Quelles que soient les similitudes, les confusions, les contradictions, les traditions, les réfutations et les négations, l'historicité du personnage, aussi obscure soit-elle, est vraisemblable.
Si les hagiographes ont incontestablement embelli la légende de sainte Dévote, le fond, cependant peut être considéré comme autant historique que le contexte, bien réel, de la dernière et la plus terrible des persécutions entreprise par l'Autorité romaine au début du 4ème siècle, qui voyait dans le nombre des chrétiens atteignant déjà, dans nos régions, 50 % de la population, un péril pour la vieille société traditionnelle.
En effet il restera toujours "plus important et plus intéressant de s'arrêter sur le sens du martyre, de ce témoignage dans lequel notre Eglise s'enracine. Les martyrs témoignent de Jésus, mais on ne peut les séparer de tous les autres témoins qui jalonnent les siècles jusqu'à nos jours. Avec eux, ils sont les témoins de la liberté de conscience affirmée jusqu'à la mort face au pouvoir totalitaire."
(Jean Comby, Pour lire l'Histoire de l'Eglise, Tome I, Cerf p. 52)
L'histoire de sainte Dévote ne pouvait laisser indifférents les artistes. Au plan musical, plusieurs compositeurs s'en sont inspirés : Mgr Perruchot qui, en 1912, composa une légende musicale et, en 1917, une cantate ; Marcel Landowski (1915-1999) dont la cantate, dédiée au Prince Rainier III : A sainte Dévote, Patronne de Monaco, martyre et bienheureuse, fut créée dans la cour d'honneur du Palais Princier le 20 juillet 1997 et redonnée le 14 décembre 2004 à l'auditorium Rainier III dans le cadre du concert marquant le 1700ème anniversaire du martyre de sainte Dévote.
Mais, incontestablement, précédée en 1912 de la pièce en vers du corse J.-P. Lucciardi : U Martiriu di Santa Divota, de la légende poétique composée en 1865 par Joseph Méry et du drame musical écrit par Louis Baudoin avec une musique de Marc-César Scotto, publiée en 1941, l'oeuvre la plus significative est sans conteste La Légende de sainte Dévote, parue en 1927. Il s’agit, en se plaçant au seul point de vue culturel, du premier grand écrit en langue monégasque.
Décrivant l’arrivée au vallon des Gaumates du corps martyrisé de celle qui allait devenir bien plus tard la patronne de la Principauté, Louis Notari (1879-1961) a voulu contrer un courant donnant à penser que Monaco s’éloignait de plus en plus de sa tradition linguistique, les anciens hésitant à parler devant leurs enfants une langue jugée peu noble.
C’est d’ailleurs en réaction à cet abandon, et pour la promotion du patrimoine culturel national, qu’avait été créé en 1924 le Comité des Traditions monégasques. |
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Par son œuvre spécifiquement nationale, littéraire et lexicale, Louis Notari ne prétendant pas faire œuvre d'un travail d'’historien, a cherché à remettre à l’honneur les vocables paysans ou maritimes qui faisaient partie des expressions de la vie quotidienne monégasque et qui avaient tendance à céder la place à des néologismes français, ligures ou italiens. La langue monégasque, aux intonations savoureuses et au vocabulaire d’une richesse étonnante, a fait l’objet de plusieurs thèses universitaires. Son enseignement est au programme des écoles de la Principauté depuis 1976 .
Louis Notari, dans l’introduction de son poème A Legenda de Santa Devota, livre sa vision nostalgique de Monaco au 4ème siècle, rappelant que la rade (préfigurant la digue ?...) faisait la fortune de la cité.
Après une description du Rocher, de ses habitants et de la nature environnante, l’auteur imagine deux fêtes païennes concomitantes dont il narre le déroulement au cours duquel, intriguée, la foule regarde avec étonnement un bateau s’avancer et reçoit les longues explications du pilote Gratien : « Faites-moi savoir, je vous prie, où je suis arrivé…(Feme savì, ve pregu unde arrivu)… de l’île de Corse où nous habitons (de l’isura de Còrsega unde à u nostru)… ».
C’est ensuite une première prière à sainte Dévote :
« O bela Santa Vèrgine Devota
per min nun ò paùra d’a morte
Ma marcamè u camin che divu süive
se ra vuruntà de Dìu è che te porte
per dorme ün paije u senu de ra morte.
Ô belle Sainte Dévote
pour moi, je ne crains pas la mort
Mais trace-moi le chemin que je dois suivre
si la volonté de Dieu est que je te mène
là où dormir en paix le sommeil de la mort… ».
Morte pour avoir affirmé sa détermination face à la tyrannie romaine,
Dévote devient symbole de liberté pour toute la nation monégasque :
« Nun gh’è ren de ciü sacru ün mesu a nui
ren de ciü belu che l’independença.
Il n’y a rien de plus sacré parmi nous
rien de plus beau que l’indépendance… ».
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La littérature et la musique mises à part, on retrouve souvent le personnage de sainte Dévote dans des réalisations artistiques. Monaco en possède plusieurs fresques, vitraux et tableaux (voir paroisses Saint Jean-Baptiste, Sainte Dévote et le retable Saint Nicolas à la Cathédrale).
Le Musée des Timbres et des Monnaies de Monaco présente diverses pièces de monnaie à l'effigie de la patronne de la Principauté. On peut voir qu'au 17ème siècle, en 1640, Honoré II fut le premier à faire graver un sixième de Florin avec l'image de Sainte Dévote debout, représentation reprise par Louis Ier, vers 1700, sur un Sol de douze deniers et, également, en 1703, par Antoine Ier. En 1735, Honoré III ajouta sur une pièce de six deniers cette invocation latine : « Tu nos ab hoste protege : protège-nous de l’ennemi ».
Les philatélistes savent combien sont nombreux les timbres monégasques évoquant la patronne de la Principauté. |
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Quoi qu’il en soit des résultats de la critique hagiographique appliquée à la légende relative à sainte Dévote, le discernement nécessaire ne saurait nous soustraire au message que la tradition, au long des siècles, a voulu nous transmettre.
Celui-ci fut largement partagé au cours du pèlerinage que le diocèse de Monaco a effectué sur les pas de Sainte Dévote, lors de la fête de Pentecôte 2003, prélude à l’année marquant le 17ème centenaire du martyre de la jeune habitante de Lucciana.
LA FORCE DEPLOYEE DANS LA FAIBLESSE (2 Co 12, 9)
Les Chrétiens ont toujours été déconcertés voire déstabilisés, tentés de se réfugier dans l’anonymat.
Ceux qui s’efforcent de rester fidèles à l’Evangile et de suivre Celui qui « en sa personne, a tué la haine » (Ep 2, 16) connaîtront inévitablement la persécution, quelle qu’en soit la forme. Tous souffriront de l’ironie et de la dérision et seront atteints, d’une façon ou d’une autre, dans ce qui fait leur raison de croire, d’espérer, d’aimer, c’est-à-dire de vivre.
Jean-Paul II a évoqué ces tensions : « La peur enlève parfois le courage civique aux hommes qui vivent dans un climat de menace, d’oppression ou de persécution. Ont alors une particulière valeur ceux qui sont capables de renverser ce que l’on appelle la barrière de la peur afin de rendre témoignage à la Vérité et à la Justice… L’homme doit alors courir le risque d’une situation inconnue, le risque d’être mal vu, de s’exposer à des conséquences désagréables, des injures, des représailles, des pertes matérielles, peut-être la prison ou la persécution… L’Evangile s’adresse à des hommes faibles, pauvres, doux et humbles, artisans de paix et miséricordieux ; mais en même temps il fait constamment appel à la force. Il répète souvent : n’ayez pas peur ! ». (15 novembre 1978) |
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Faire mémoire de la jeune martyre corse du 4ème siècle, c’est aussi rappeler que le 20ème siècle a connu plus de martyrs pour leur foi que n’importe quelle autre période de l’histoire.
« Etre voué à Dieu », dévot, donne sens à la vie. Ce qualificatif, devenu un prénom, « Dévote », s’explique par une vocation et désigne une mission. Celles de tout baptisé.
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« Corpu martirisau, cun üna barc’vela
I venti e a mar fint’a nui T’an purtau
Da chel’ura ün pœi a To’Santa Tütela
U nostru Principatu ün paije à gardau.
Ô corps martyrisé, dans une barque à voile
Les vents et les courants jusqu’à nous t’ont porté
Et depuis cet instant sous ta très sainte étoile
Notre Principauté en paix est demeurée.
Prutege u Suvran, a So’cara Famlya
U me picin Païse e cheli che ghe stan
Permet’a tüti nui de viv’ün armunia
Per iesse sempre prunti a se da üna man.
Garde le Souverain et sa chère Famille
Notre petit pays et tous ses citoyens
Permets que nous vivions en parfaite harmonie
Pour être toujours prêts à nous donner la main.
Pruteg’a zuventü e daghe u curage
A Fede a Sperança ünt’ün deman seren
Chela fraternita che vœ che se partage
Cun chelu scunusciüu, u nostru fral tamben.
Protège nos enfants, donne-leur le courage
La foi et l’espérance d’un avenir serein
Cette fraternité qui veut que l’on partage
Avec les inconnus, nos frères de demain. »
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Cantique à sainte Dévote :
Sainte Dévote, entends l'écho de nos chants et de nos prières,
Protège-nous comme nos pères, et prie au Ciel pour Monaco !
Pour garder la foi, l'innocence
Et l'amour de Dieu dans ton coeur,
On te vit braver la souffrance
Et la mort même sans frayeur.
Donne-nous, vaillante chrétienne,
Une âme semblable à la tienne !
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Dans le ciel où Dieu récompense
Ton martyre et ta sainteté,
Daigne encor prendre la défense
De ta chère Principauté.
Garde-la paisible et prospère,
Comme un coin de Ciel sur la terre !
(Mgr Perruchot - Texte : Mgr Vié) |
Prière à sainte Dévote :
Dieu, Père riche en tendresse et en miséricorde,
tu as permis que sainte Dévote soit forte dans sa foi
et courageuse dans son témoignage.
Son martyre proclame que seule la vérité nous rend libres.
Par fidélité à ton Nom,
elle a fait le choix de la pureté et du don de soi.
Dans les difficultés et les épreuves,
elle s'est appuyée sur la Parole de ton Fils
pour demeurer dans la communion de l'amour.
Docile à ta volonté,
elle s'est laissée conduire par l'Esprit
pour offrir sa vie en action de grâce.
Aujourd'hui, nous célébrons l'anniversaire
du martyre de sainte Dévote,
témoin de la foi et signe d'espérance
pour notre Eglise.
Permets-nous, Père,
de vivre comme elle dans la joie des Béatitudes
des coeurs purs et des artisans de paix.
Rends-nous audacieux pour l'annonce de l'Evangile
et courageux dans la fidélité à nos engagements.
Libère-nous de nos peurs
afin que nous sachions nous donner
pour ton service et celui de nos frères.
Que nos communautés, nos familles et chacun de nous,
Riches du témoignage de sainte Dévote,
soient renouvelés dans la foi,
l'espérance et l'amour.
Ainsi, continuerons-nous à écrire et à vivre
l'histoire des saints
des temps nouveaux de l'Evangile. |
Preghera a santa Devota :
Diu, Paire prun ricu ün teneressa e ün misericordia
ai permëssu che santa Devota sice forta ünt'a so' Fede
e curagiusa per'a so testemuniança.
U so martiriu pruclama che sul'a verità de fà liberi.
Per fedelità au to Nume,
a çernüu a pürita e u donu de se stessu.
Ünt'e dificurtae è disgraçie
se apugià sci'a Parola du to Fiyu
per stà tugiu ünt'a cumünium de l'Amu.
Ducile â to'vuruntà,
se lascia cundüje dà u Spiritu Santu
per ofre a so'vita cum'açiun de graçia.
Anchoei, celebramu l'aniversari
d'u martire de santa Devota,
Testimoni d'a fede e simbolu de sperança
per a nostra Geija.
Paire cuncedene,
de vive cum'ela ünt'a gioia d'e Beatitüdine
di coei püri e d'artisai d'a paije.
Rendene audaçiusi per l'anunçia d'u Vangelu
e curagiusi ünt'a fedelità ai nostri üngagiamenti.
Liberane d'e nostre paure
ünfin che sicimu ün gradu
d'a fà u to serviçi et chëlu d'i nostri frai.
Ch'e nostre cumünitae, e nostre famiye e cadun de nui,
richi d'u testimoni de santa Devota,
siçiu renuvelai ünt'a fede,
a sperança e l'amu.
Cusci se cuntinüra a scrive e a vive
a storia d'i santi
d'i tempi noevi d'u Santa Vangelu.
(Tradütu : Ange Fasciolo)
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